"Spirit of Lindy" consacre ce nouvel article aux véhicules
d'époque et présente un des moyens de locomotion des années
30-40. Par la suite apparaîtront aussi des automobiles, des motos,
des trains (!)… en vogue ou produits dans les "années SWING", ainsi
que des véhicules que l'on pouvait encore emprunter ou rencontrer
dans les années 30, voire 40. En effet, comment passer sous silence
les Ford A et T, Isotta-Fraschini ou Hispano-Suiza ? Mais point de
production post-1950 !…
Après un modèle de luxe de grande diffusion et un modèle de prestige
(voir articles précédents dans les archives), voici
un modèle automobile mythique : la Ford T, ou plus exactement Model
T. Elle est une légende, voire LA légende automobile, puisqu'elle
fut élue voiture du siècle en l'an 2000.
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FORD MODEL
T 1908/27
Bon,
d'accord, dans les années 30 et 40 (les fameuses années qui nous
intéressent tant et tant !), la Ford T n'était plus produite depuis
quelques temps déjà… Il faut bien reconnaître cependant que sur
les quelques 15 millions produites entre 1908 et 1927, il en restait
encore un bon nombre sillonnant les routes urbaines et rurales
au milieu des années Jazz ! La Ford T est bien plus qu'une automobile
: c'est l'araignée noire qui a mis l'Amérique sur quatre roues,
mais c'est aussi le premier exemple de la production en grande
série, système qui va révolutionner l'industrie toute entière,
et pas seulement l'automobile. On construira en effet plus de
15 millions de Ford T de 1908 à 1927 et, à ce jour, seule la VW
Coccinelle est parvenue à faire mieux qu'elle !
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CARACTERISTIQUES
Moteur
: avant, 4 cylindres en ligne ; cylindrée, 2892 cm3 ; soupapes
latérales.
Puissance : 20 ch à 1800 tr/mn ; 1 carburateur à gravité.
Transmission : classique, aux roues arrière ; boîte de
vitesses à train épicycloïdal unique donnant 2 vitesses avant
et 1 marche arrière.
Dimensions
: longueur, x,xx m ; largeur, x,xx m ; poids, xxxx kg ;
empattement 2,54 m ; voies, 1,42 m.
Performance : vitesse maximale, environ 80 km/h.

Notre photo (Rétroviseur) : cette berline Ford T de 1923, noire
comme il se doit, bénéficie du léger lifting intervenu en 1917
pour moderniser les ailes et le radiateur… mais ne dispose toujours
pas de freins à l'avant ! Cliquez dessus pour l'agrandir
!
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Des
roues de charrette
Pour Henry Ford, cette production de masse exigeait un véhicule
fiable, léger, facile à construire, et à conduire, pouvant rouler
partout. L'Amérique n'avait pas encore de routes ; la "Tin Lizzie",
comme la surnommaient les Américains, serait donc haute sur
pattes pour franchir les obstacles et adopterait une voie très
large pour s'inscrire exactement dans les ornières laissées
par les charrettes des pionniers.
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Accélérateur
au volant
Sur
le plan mécanique, l'araignée présentait quelques solutions singulières
comme sa boîte épicycloïdale à seulement deux rapports commandée
par une pédale, ou son accélérateur au volant. La Ford T était
certes spartiate, mais aucun climat, aucun relief ne l'effrayait
vraiment…
Bruno
Rockabilly.
Juin 2004
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Prochaine
victime :
un paquebot français, le Normandie, modèle de luxe à sa façon...
A
venir : Hudson Great Eight 1930/32, Peugeot 201 1930/37, Mercédès
540K 1936/39, Brougham Superior (la Rolls de la moto !), Gnome & Rhône
CV2 1937 (500cc), Magnat-Debon 350 1930, le "A" train !
LE SAVIEZ-VOUS ?
La voiture de Henry Fonda
dans le film "Les Raisins de la Colère".
LES RAISINS
DE LA COLERE (film de 1940)

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Le
film hollywoodien "Les Raisins de la Colère" (The Grapes of Wrath)
tourné par John Ford en 1940, tiré du chef-d'œuvre éponyme de Steinbeck
de 1939, met en scène le grand Henry Fonda. L'histoire du film est
loin d'être rose pour les acteurs dans cette période de l'après
Grande Dépression économique de 1929, plus particulièrement pour
une famille de fermiers, les Joad, qui décident de partir pour la
Californie, après avoir perdu leur ferme de l'Oklahoma, dans l'espoir
d'une vie meilleure et d'un paradis qui se révèlera aussi désespérant
que leur Middle West natal. Steinbeck décrit le sort de ces fermiers
métayers du sud des États-Unis, chassés de leurs terres par les
conséquences du Dust Bowl* et les banques qui reprennent possession
de leurs biens fonciers. |
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Alors
commence la course au travail, à la soupe quotidienne, avec ses
alternances d'espoir et de découragement, ses élans et ses heures
poignantes. À la fin du film, l'un des fils, Tom (Henry Fonda),
ayant perdu toutes ses illusions, décide de lutter contre les
injustices sociales. Mais
l'un des principaux acteurs, pour ne pas dire le principal, est
sans doute l'automobile de Henry Fonda : de mémoire, il
me semble bien qu'il s'agit d'une Ford Model T !
C'est elle en effet
qui permet à la famille Joad de traverser les Etats-Unis et d'atteindre
leur paradis, en emmenant ce qu'il leur reste de biens...
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Pour
l'anecdote : un ancien prof de Français m'avait raconté
que le film avait été autorisé à la projection en
URSS (à l'époque !) car il montrait au peuple soviétique une famille
américaine (issue par essence du système capitaliste) en plein désarroi,
errant de ville en ville (ne doit-on pas plutôt parler de bidonvilles
?) pour échapper à la misère et survivre. Par la suite, ce film
fut retiré des salles de projection soviétiques car, malgré toutes
ses difficultés, la famille américaine réussissait à conserver son
automobile, symbole du système américain ! |
*Dust
Bowl : Phénomène climatologique du sud des États-Unis, marqué par la
sécheresse et de grands vents. L'effet sur l'agriculture fut
catastrophique. Ce phénomène coïncide avec les années difficiles qui
ont suivi le Krach de 1929.
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